REVUE SYSTÉMATIQUE #4

Trajectoires des jeunes qui entrent et sortent de la radicalisation violente 

Des études récentes* ont donné la parole à des jeunes et leurs familles afin de documenter leurs trajectoires d’entrée et de sortie dans la radicalisation violente. Ce faisant, ils ont fourni des informations directes et approfondies sur les terreaux fertiles de radicalisation violente, par exemple:

  • Des dynamiques familiales dysfonctionnelles et antécédents d’abus/violence interpersonnelle;
  • Des facteurs personnels et motivationnels précipitants liés aux injustices géopolitiques;
  • Le réseautage social et des facteurs psychologiques tels que crises de vie et
    identitaires, le besoin d’appartenance, les sentiments d’humiliation ou de
    marginalisation.

En outre, un certain nombre de trajectoires différenciées ont commencé à émerger, à
savoir :

  • Les trajectoires d’évitement (« push »), où le jeune est repoussé loin des dynamiques familiales ou sociales dysfonctionnelles ou violentes, des problèmes sociaux comme la discrimination et l’exclusion vers un environnement polarisé, et où il trouve un soutien relationnel et émotionnel dans une figure d’autorité extrémiste. Les marqueurs de désengagement dans ces trajectoires
    sont souvent caractérisés par la désillusion face à la haine et à la violence des mouvements extrémistes violents;
  • Les trajectoires d’approche (« pull »), où un jeune qui « fonctionne bien » est attiré
    vers des mouvements extrémistes à la suite d’une crise identitaire, une quête de sens et d’objectifs de vie forts. Le désengagement de ces trajectoires est souvent déclenché par un investissement dans d’autres objectifs de vie;
  • Les trajectoires de « passions », pour des jeunes en quête de sensations fortes (parfois avec une histoire de marginalisation ou de délinquance) et de défis extrêmes, attirés par des images «héroïques » et puissantes véhiculées par les groupes extrémistes. Les marqueurs de désengagement de ces trajectoires semblent inclure l’insatisfaction face au contenu simpliste des idéaux extrémistes et l’ennui face aux défis offerts par le groupe.

Ces trajectoires constituent un point de départ important pour comprendre le cheminement des jeunes qui entrent et sortent de la radicalisation violente. Toutefois, les données probantes ne sont pas encore claires quant à l’influence relative de chaque marqueur de changement. Ainsi, les objectifs de la quatrième revue systématique sont
les suivants :

  • Produire des analyses de trajectoire des jeunes dans et hors de la radicalisation
    violente avec des estimations de l’effet relatif des marqueurs de changement
    pour chaque trajectoire;
  • Illustrer comment cette information peut être utilisée par les praticiens, qui ont la
    responsabilité d’agir rapidement auprès de familles et de communautés aux prises avec des situations de radicalisation violente;
  • Veiller à ce que les décideurs politiques ciblent les marqueurs de changement qui mènent aux meilleurs résultats lorsqu’ils établissent les priorités de coordination, choisissent les outils d’évaluation et mettent en œuvre les efforts de prévention et d’intervention.

* Sieckelinck, S., & de Winter, M. (2015). Formers camp; families: Transitional journeys in and out of extremisms in the United Kingdom, Denmark and The Netherlands. The Hague, Netherlands: National Coordinator Security and Counterterrorism, Ministry of Security and Justice.

Récupéré sur: https://English.NCTV.nl/Binaries/End-Report-formers-and- families_tcm32-84248.pdf